Association

Les Amis de la Haute ville

 

 

LA HAUTE VILLE
Promenade dans le cœur historique de Granville

C'est vers le XIe siècle qu'apparait pour la première fois dans les textes anciens le nom de Granville, un simple village de pêcheurs au pied de la Roque de Lihou.

Au XIVe siècle les Anglais occupent la Normandie et en 1439, le sénéchal anglais Sir Thomas de Scalles s'empare de la Roque et y construit une enceinte fortifiée. Il fait également creuser dans la falaise la "tranchée aux Anglais", une tranchée de sept mètres de largeur sur dix-huit mètres de profondeur afin que le flux du nord rejoigne la rivière le Boscq et la mer côté sud.

En 1442, les défenseurs français du Mont-Saint-Michel chassent définitivement les Anglais. Charles VII, ayant compris l’intérêt stratégique de Granville, décide d'en faire une ville fortifiée et signe en 1445 une charte octroyant armoiries et exemptant de certains impôts les habitants qui s'y installent.

Sous Louis XIII, les fortifications sont modifiées pour tenir compte des progrès de l’artillerie. La porte Est est déplacée vers le Sud. C’est l’actuelle Grand' Porte, protégée à sa gauche par le bastion de l'Œuvre.

Historiquement, le développement socio-économique de Granville est lié à la mer. Dès 1450, les bateaux de Granville et des environs pêchent à Terre Neuve. Du XVIe siècle au début du XXe siècle, Granville est l'un des plus importants ports morutiers et arme jusqu’à 110 bateaux pour les bancs de Terre-Neuve, se disputant alors avec Saint Malo le titre de premier port de pêche français.

Louis XIV accorde aux Granvillais le droit d'armer leurs navires pour se livrer à la course contre les ennemis du royaume. Granville compte au XVIIe et au XVIIIe siècles 70 à 80 bateaux corsaires et donne 15 amiraux à la France dont le célèbre Georges-René Pléville Le Pelley, dit "le corsaire à la jambe de bois", qui deviendra ministre de la Marine sous le Directoire.

La haute ville, cœur historique de la Cité, conserve encore de nos jours une grande richesse architecturale: les remparts, l'église Notre Dame, le Logis du Roi avec sa grande porte et son pont-levis, quelques maisons et boutiques des XVIe et XVIIe siècles, les hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, résidences des riches armateurs terre-neuviers et corsaires.

Elle s'étend d'ouest en est avec deux axes principaux, les rues Notre Dame et Saint Jean doublées par la rue du Nord sur le rempart nord et la rue du Midi et la rue Lecarpentier sur le rempart sud et reliés par plusieurs ruelles et venelles transversales aux noms évocateurs, rue courte, rue étroite, rue du marché au pain, rue du marché aux cuirs, rue du marché à la chaux, rue du colombier, qui permettaient aux défenseurs de la ville de se rendre rapidement d'un coté à l'autre des remparts.

 

L'église Notre Dame du cap Lihou

Classée monument historique

Une première chapelle est bâtie au XIIe siècle sur le Cap Lihou, après que, selon la légende, des marins trouvent en 1113 une statue de la Vierge dans leurs filets. Commencée sous l'occupation anglaise en 1440, la construction de l'église se poursuit sur trois siècles. A l'origine n'existaient qu'une tour et trois travées se terminant par un chevet plat. Aux XVIIe siècle l'église est agrandie par l'édification du chœur (1628) et du déambulatoire puis, entre 1644 et 1688,   de la nef et des chapelles du transept. Enfin c'est la façade occidentale, puis une sacristie est ajoutée en 1771.

A voir à l'intérieur: une statue de la Vierge du XVe en pierre de Caen, la chapelle Saint Clément, patron des marins-pécheurs, avec ses ex-voto, les grandes orgues qui datent des années 1660-1662, les stalles, la chaire et le Christ en croix de Gilles Robert de Lacroix (1727-1731), un ensemble de vitraux (1954-1978) sur le thème de la Vierge et de Saint Clément du maître verrier, Jacques le Chevallier.

 

Entre l'église et le rempart

l'ancien cimetière avec quelques pierres tombales et l'ancien magasin à poudre de la garnison.

 

 

 

La grande porte et son pont-levis

 

 

 

 

La guérite à l'angle de la rue Lecarpentier

 

Le Logis du Roi

Classé monument historique

Au XVe siècle existait à cet emplacement une porte dans les remparts, dite Porte de l'Œuvre, orientée à l'est, qui était le seul   accès à la haute ville. En 1630, cette partie des remparts fut remaniée. C'est à ce moment que la porte est orientée au sud. Le Logis du Roi construit au-dessus servait de résidence au commandant de la place. Pendant la Révolution il devient la maison commune. Il est ensuite utilisé par l’armée avant d’être acquis en 1936 par la ville pour y installer les collections du musée municipal.

C’est dans les années 1950 qu'il devient musée d’histoire locale et régionaliste sous le nom de Musée du Vieux Granville. Aujourd'hui rebaptisé Musée d'art et d'histoire, il présente des collections autour de trois thèmes: l'histoire maritime de Granville avec la pêche à Terre-Neuve et les corsaires, la Normandie au XIXe siècle avec des costumes, coiffes, bijoux, ustensiles et meubles et enfin, les bains de mer depuis le XIXe siècle jusqu'aux années 1950.

A voir la voute de la porte avec le mécanisme du pont-levis et au bas des marches de la rue Lecarpentier la guérite du garde de la milice de ville. Du bastion de l'Œuvre (accès par le porche du musée) on a une superbe vue sur le port et la basse ville.

(M.A.H.G. 2 rue Lecarpentier, tél. 02 33 50 44 10).

http:/www.ville-granville.fr/museedartetdhistoiregranville.asp

 

Quelques maisons anciennes

 

rue et place Cambernon

aux n° 1 et 3 rue Cambernon à l'angle de la rue Notre Dame, hôtel des comtes de Matignon, gouverneurs de Granville, construit vers 1579. A noter la lucarne dans le toit coté rue Cambernon et les deux gargouilles. Jacques-François Léonor de Matignon (1689-1751) était devenu prince de Monaco par son mariage en 1715 avec Louise-Hippolyte Grimaldi, d'où les liens encore très forts de nos jours entre Granville et la principauté,

au n° 9 place Cambernon ancienne halle au poisson avec ses pilastres soutenant trois arcs en plein cintre, construite en 1827, devenue en 1840 Ecole d'hydrographie où étaient formés les futurs capitaines de marine marchande, puis en 1945 bibliothèque municipale et aujourd'hui espace d'expositions,

au n° 7 ancienne boutique avec à l'angle de la rue Saint Jean une sculpture surmontant le chanfrein,

 

… rue Notre Dame

au n° 3 hôtel Ganne de Grandmaison, famille d'armateurs au XVIIe siècle, remarquer la corniche en doucine sous le bord du toit,

aux n° 8, n° 13 et n° 19 anciennes boutiques avec leurs dalles d'étal en granit,

au n° 14 bis maison du XVIe siècle, peut-être la plus ancienne de Granville,

au n° 15 hôtel de Sainte Marie d'Agneaux, , construit vers 1589, résidence de Jacques puis de Jacques II de Sainte Marie d'Agneaux, lieutenants du gouverneur de 1589 jusque vers 1641,

au n° 32 hôtel Dry de la Turbotière, capitaine corsaire,

au n° 43 hôtel Le Boucher de Vallesfleurs (1632), famille d'armateurs, ayant donné à Granville un vicomte et deux maires,

au n° 54 hôtel Le Mengnonnet (XVIIIe siècle et 1830), famille d'armateurs et de capitaines corsaires

aux n° 59, n° 61 anciennes boutiques avec leurs dalles d'étal en granit,

au n° 67 maison Couraye du Parc, famille d'armateurs et de capitaines corsaires (Léonor-François, un des plus importants armateurs de corsaires du début du XVIIIe siècle, puis son fils, François-Léonor, lieutenant de police, conseiller du Roi, vicomte et maire de Granville avant la Révolution puis président du conseil général de la Manche),

au n° 76 hôtel de l'Amirauté (vers 1600), famille Le Sauvage de Vaufévrier, lieutenants généraux de l'Amirauté de 1625 à 1790,

Hôtel des comtes de Matignon

Hôtel de l'Amirauté

 

Hôtel Couraye du Parc

… de la rue Saint Jean

place des casernes: Caserne Bazeilles construite en 1758, bel exemple d'architecture militaire XVIIIe siècle,

au n° 3 maison dite "d'Adam et Eve" (1652, décorée de motifs de terre cuite au XIXe siècle par l'architecte Le Bas),

à l'angle n° 1 Montée du Parvis, hôtel Raciquot puis Couraye du Parc (fin XVIIe-début XVIIIe), familles de capitaines corsaires et d'armateurs,

au n° 4 maison Raciquot, capitaines corsaires et armateurs, à noter l'encorbellement avec corbeaux de granit sur la venelle,

au n° 8 hôtel Hugon (1686) puis de Lalun capitaines corsaires et armateurs,

n° 16 hôtel Hugon, capitaines et armateurs,

au n° 7, n° 20, n° 22, n° 28 et angle avec la place Cambernon anciennes boutiques avec leurs dalles d'étal en granit,

au n° 37 maison Pimor, (XVIe siècle), une des plus anciennes de la ville avec ses trois dalles d'étal en granit, ses linteaux de chêne, ses pilastres entourant la fenêtre centrale de l'étage et sa corniche moulurée,

au n° 39 hôtel Le Graverend, notaires royaux

au n° 43 ancienne boutique,

au n° 45 hôtel Ganne-Destouches, armateurs et capitaines corsaires, où fut arrêté le 3 juillet 1798 Jacques Destouches, agent de liaison des Chouans (le "Chevalier des Touches" du roman de Barbey d'Aurevilly),

au n° 47 belle maison XVIIe en granit dont le meneau de l'intéressante fenêtre à chanfreins a malheureusement disparu,

au n° 49 hôtel Longueville de la Clémentière, XVIIe siècle,

aux n° 57 et n° 59 anciennes boutiques avec leurs dalles d'étal en granit,

au n° 61 hôtel Picquelin de Grainville (1737), famille d'armateurs, lieutenants généraux de police et conseillers du Roi sous Louis XV et Louis XVI, à noter les quatre chatières dans le toit.

Maison Pimor

 

… rue Saint Michel

au n° 4 hôtel Frémin de la Trancardière, puis hôpital (1771), caserne (1795), prison (1801), mairie (de 1803 à 1953), tribunal (1960)

au n°6 hôtel de La Cocardière

 

rue Lecarpentier (continuation de la rue Saint Michel jusqu'en 1930)

au n° 11 hôtel de Péronne,

au n° 31 hôtel Clément Desmaisons, armateurs et capitaines corsaires.

… rue saint Denis

au n° 10 sur le linteau un cartouche avec la date de 1793 et des initiales "MG" puis "LA" puis "D".

Les remparts

La première enceinte fut construite à partir de 1440 par les Anglais qui occupaient la "Roque" puis renforcée après 1445 sur ordre de Charles VII. En 1562 commença une première réfection des remparts qui comportaient le rempart proprement dit, une fausse-braye et un fossé. Ils furent en partie arasés en 1688 malgré l'avis de Vauban, puis relevés et augmentés entre 1715 et 1720.

Les bastions de la place de l'Isthme ont été construits entre 1749 et 1766, mais le fossé et la caponnière datent de 1820. Ce bastion fut surmonté de quelques blockhaus lors de la construction du "mur de l'Atlantique" (table d'orientation sur l'un des blockhaus).

Du rempart nord, vue sur les îles Chausey et la côte jusqu'à la Pointe d'Agon, parfois jusqu'à Jersey, du rempart du midi, vue sur le port, la pointe de Carolles et la côte bretonne jusqu'au Cap Fréhel.

 

Linteau au 10 rue Saint Denis

Rempart nord

A visiter aussi:

place de l'Isthme: le Musée d'art moderne Richard Anacréon, artistes du début du XXe siècle: Derain, Van Dongen, Vlaminck, Utrillo, Laurencin, Signac, Friesz, Cross, Luce et expositions temporaires.

(M.A.M.R.A., tél. 02 33 51 02 94) http://www.ville-granville.fr/museerichardanacreongranville.asp.

                   

Plans de la Haute ville au cours des siècles:

Granville à la fin du XVIIe siècle

La Haute ville en 1825

la Haute ville aujourd'hui